Les alcooliers (1/2)

Publié le par Satan

Les alcooliers

L’alcoolisme n’est pas une fin en soi pour moi. C’est un moyen important néanmoins dans la réalisation de mon stratagème.

 

Dans ce chapitre, je vais pour présenter :

  • Mes objectifs au travers de la diffusion de l’alcool
  • Les dégâts que j’obtiens grâce à la diffusion de l’alcool
  • Les méthodes et techniques que j’utilise
  • Conclusion : La géniale supercherie du discours du « boire mais avec modération »

Mes objectifs au travers de la diffusion de l’alcool

 

Si vous vous rappelez ce que j’ai énoncé comme grandes lignes de ma stratégie, l’alcool entre dans deux d’entre elles :

1-      Brouiller la communication entre Dieu et l’Homme : car l’alcool agit tout simplement sur le discernement de l’homme en l’affaiblissant ou en le neutralisant

2-      Semer la discorde et le désordre sur Terre : comme vous allez le voir dans le paragraphe sur les dégâts de l’alcool

 

Les dégâts que j’obtiens grâce à la diffusion de l’alcool

Tout d’abord, je vous rappelle quelques notions de base.

Le taux d’alcoolémie en 4 phases :

De 0,30 à 0,50 g/l de sang : ébriété. Diminution de l'ouïe: 15%; diminution de la vision périphérique: 50%; diminution de la faculté d'estimer les distances: 50%; diminution de l'attention: 30%. Effet psychostimulant accompagné d'une désinhibition (avec assurance ou abattement). Le risque d'accident de la route est multiplié par 3.

Entre 0,5g/l et 2g/l de sang : effet sédatif et désinhibiteur
. Perturbation du jugement, diminution du contrôle de soi. Vigilance réduite, réflexes fortement perturbés. Le risque d'accident de la route est multiplié par 11 pour une alcoolémie de 1.50 g et par 54 à partir de 2 grammes d'alcoolémie

Entre 2 et 3 g: ivresse
. Vision dédoublée, confusion, difficulté d'élocution, discours incohérent. Contrôle du mouvement gravement détérioré (tremblements des mains, de la bouche et de la langue), troubles de l'équilibre.

Plus de 3 g : somnolence éventuellement suivie de coma
. Intoxication grave des centres nerveux. État de santé nécessitant des soins hospitaliers.

 

Les dégâts en termes de maladies et grands dysfonctionnements

Vous cinnaissez sans doute les dangers de l’alcool à plus ou moins long terme : ulcères d’estomac, problèmes sexuels, maladie du foie, lésions cérébrales, plusieurs sortes de cancers, insomnies, nervosité, forte transpiration, tremblements, hallucinations et convulsions.

Vieillissement prématuré de l'organisme et détérioration physique : L'éthanol détruit certains vaisseaux sanguins, il abîme le teint et vieillit la peau. Regardez un peu la peau de vos vieux : on hésite entre le film d’horreur et la planète des singes non ?

 

L’alcool provoque l'hypertension artérielle, déshydrate l'organisme, est un facteur d'obésité, complique et aggrave toutes les maladies, interagit négativement avec certains médicaments, les rendant parfois nocifs.

L'appareil digestif n'est pas épargné : Les muqueuses, l'estomac et l'intestin sont irrités avec des sensations de brûlures fréquentes.

La coordination motrice, l'équilibre, la perception et le jugement sont également altérés.

 

Concernant la grossesse : Alcool et grossesse constituent un duo redoutable. Chez la femme enceinte, le risque pour le cerveau est très important chez l'embryon et le fœtus (retard de développement, atteinte du cerveau…)

MST ? La prise d'alcool augmente le risque de rapports sexuels non protégés. Et sans préservatif, un seul rapport suffit pour être contaminé par le virus du sida, par d'autres infections sexuellement transmissibles ou pour être enceinte contre son gré.

Sur le long terme, l'alcool peut être responsable de très nombreuses maladies : cancers (bouche, œsophage, gorge..), maladies du foie (cirrhose) et du pancréas, maladies du système nerveux et troubles psychiques (anxiété, dépression, irritabilité, etc.), troubles cardiovasculaires… Du fait d'une consommation plus importante, les hommes sont plus touchés que les femmes, et un décès masculin sur sept est attribuable à l'alcool.

En détail sur les différents organes

Le foie. : C’est lui qui permet la décomposition des molécules d'alcool. Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'il soit le premier affecté. La stéatose (surcharge en lipides) est l'un de ces troubles alcooliques hépatiques les plus fréquents. Notons encore l'hépatite alcoolique et la cirrhose (à l'origine de plus de 10000 décès en France). 40 à 80% des personnes atteintes de cirrhose décèdent dans les 5 ans (la cirrhose peut engendrer un cancer du foie). L'alcool aggrave les cas d'hépatite virale.

 

Le pancréas : L'alcool exerce une action toxique sur le pancréas. Plus d'un tiers des personnes abusant régulièrement d'alcool présentent une pancréatite chronique.

 

Les voies aéro-digestives : Directement en contact avec l'alcool, l'œsophage, la bouche, le larynx et/ou le pharynx peuvent également subir une dégénérescence cellulaire. Une personne buvant 1 bouteille de vin par jour multiplie le risque de cancer des différents organes par 9! L'explication: l'alcool irrite les muqueuses. Lorsque le tabac se mêle à l'alcool, le risque de développer un cancer de l'œsophage est multiplié par 44...

Le cœur : La consommation d’alcool influe au niveau des principaux facteurs de risque cardiovasculaire, ainsi que sur d’autres paramètres intervenant dans l’homéostasie vasculaire. Dans un second temps, la consommation d’alcool conduit aux principales maladies cardiovasculaires : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, myocardiopathie, troubles du rythme cardiaque et artérite des membres inférieurs.

Le cerveau : L'alcool endommage sérieusement les neurones. L'éthanol est neurotoxique: il perturbe les mécanismes de transmission de l'information nerveuse. Il diminue les capacités intellectuelles, dérègle la mémoire et le sommeil. Cette substance psycho active agit au niveau du cerveau au même titre que le cannabis ou d'autres drogues. Ralenti, perturbé, le cerveau est débordé. Des troubles des réflexes, de la vision et de l'équilibre, des pertes de mémoire… sont fréquents. Pouvant entraîner une dépendance s'il est consommé régulièrement, l'alcool s'apparente à ce titre à une drogue.

Le système hormonal sexuel est altéré par la consommation d'alcool. L'alcoolisme peut mener à l'impuissance (et son florilège de conséquences : violence, dépression, adultère, divorce, déchirement familial..).

 

Quelques statistiques, corrélations et chiffres parlants

Environ un français sur 10 a des difficultés médicales, psychologiques et sociales liées à sa consommation d'alcool.

 

Globalement, l'alcool tue 49000 personnes par an en France (soit 73 sur 100000 : il est la 2ème cause de mortalité en France), et plus de 750000 personnes par an dans le monde (soit 12 sur 100000). Donc 6 fois plus alcooliques que la moyenne mondiale les Français ? Cocorico !! Je suis vraiment fier de vous et de votre collaboration !

 

La moitié des suicides de vos jeunes s'accomplissent sous l'effet de l'alcool.

 

 

L'alcool est à l'origine de 10 à 20% des accidents du travail.

 

L'alcool est la première cause de violence nocturne.

 

1 accident mortel de la route sur 3 est imputable à l’alcool. L'alcool est également un facteur d'agressivité et serait responsable de 50 % des rixes, de 50 à 60 % des actes de criminalité et de 20 % des délits.

 

La baisse de la vigilance est à l'origine de comportements à risque : Après un verre, le risque d'accident de la route ou de la vie courante est multiplié par trois, après trois verres, par dix.  Ainsi, l'ivresse est associée à 40 % des décès de la circulation, à 25-35 % des accidents de voiture non mortels, à 64 % des incendies et de brûlures, à 48 % des hypothermies et des cas de gelures, 40 % des chutes et 50 % des homicides.

Constat général chez les alcooliques : plus d'adultère, de violence, d'inceste et de Sida...

 

La consommation excessive d'alcool est ainsi responsable du décès d'un homme sur 7. Pour la tranche d'âge de 45 à 65 ans, plus d'un homme sur quatre meurt des suites d'une consommation excessive d'alcool.

 

La France est l’un des pays qui consomme le plus d’alcool en Europe. Le vin est évidemment le préféré des 18-75 ans. Le premier verre est consommé dès 14. Les conséquences, quant à elles, font peur :

  • Entre 700 et 3.000 enfants susceptibles d’être atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale à l’origine de graves handicaps
  • 1 accident du travail sur 5 est lié à l’alcool

Tous les ans, 6.000 enfants en moyenne naissent avec des malformations causées par une consommation régulière d’alcool durant la grossesse. Plus de 700.000 femmes sont des alcoolo-dépendantes.

 

Le vin reste l’alcool le plus consommé de façon quotidienne en France (8,8 %) et hebdomadaire (27,2 %). Cependant, la bière apparaît comme la boisson préférée des jeunes.

 


Le coût de l'alcoolisme pour la société

Le traitement d l'alcoolisme et des pathologies qui lui sont associées entraîne un coût direct de 10 milliards d'euros en France, soit environ 10 % du total des dépenses de consommation médicale.

Le coût du dispositif spécialisé (CCAA et centres de cure et de postcure) s'élève à 76 millions d'euros.

Le coût de l'hospitalisation pour alcoolisme est estimé à 2 milliards d'euros par an.

Et je ne vous parle pas du coût sur le monde du travail (manque d’efficacité, absentéisme, désorganisation…).

 

Les méthodes et techniques que j’utilise

 

Les méthodes que j’applique sont multiples et ont toutes démontré leur efficacité. En voici, résumées, quelques unes pour vous éclairer :

 

En termes de lobbying

Recruter et placer astucieusement mes soldats et relais (alcooliers, associations et lobbys pro vin bière et alcool en général, députés des régions viticoles agissant sur les lois – droits à la publicité, mesures de lutte contre l’alcoolisme)

Organiser mes alliés pour qu’ils affaiblissent ou neutralisent toute politique de prévention : Le collectif "Vin et société" représente l'ensemble de la filière vini-viticole, soit 7 organisations professionnelles, dont l'ANIVIT (Association nationale interprofessionnelle des vins de table et des vins de pays), la CCVF (Confédération des coopératives vinicoles de France), ou encore la CFVDP (Confédération française des vins de pays)...

Donner à mes alliés alcooliers des relais nombreux au Parlement L'Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV), rassemble environ 115 parlementaires issus de départements et régions viticoles. Elle a été à l'origine d'un "Livre blanc sur le rôle et la place du vin dans la société française" qui déniait au vin le caractère de "drogue" et estimait qu'il avait été "injustement diabolisé". Vous voyez, j’ai même accepté qu’on utlise mon nom !!

Allouer aux alcooliers un budget communication conséquent (300 millions d’euros par an environ) par rapport au budget de communication de l’INPES pour la prévention (qui est de 4,5 millions d’euros seulement). Une goutte d’eau dans les quelques 13 litres d’alcool pur consommés par habitant de 15 ans ou plus durant l’année.

Mes alliés des lobbys des boissons exercent des pressions sociales fortes : Le marché des alcools génère en moyenne un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros. 
Plusieurs millions de français vivent de cette industrie. C'est à dire que des intérêts économiques et politiques (par voie de conséquence) énormes sont en jeu. Au Ministère de l'économie les taxes et impôts relatifs à la production et aux commerces des boissons alcooliques représentent une mine d'or. Si l'on y ajoute les impôts relevant des activités médicales, paramédicales, pharmaceutiques, judiciaires, industrielles etc.) liées aux méfaits de l'absorption d'alcool, on comprend, que la dés-alcoolisation de la France, ce n'est pas pour demain. Et ce n'est sans doute pas sur ce projet que les partis politiques feront leur campagne. Tant pis pour vous. Les efforts pour réduire la consommation de boissons alcooliques et les campagnes du Ministère de la Santé se heurtent obligatoirement à des groupes de pression devant lesquels les gouvernements de toutes époques ont presque toujours cédés au mépris de votre intérêt.

Mes alliés parmi les politiques donnent l’exemple en allant chercher les voix en buvant avec les gens (et pas qu’au salon de l’agriculture). Par ailleurs, l'alcool c'est un produit  qui rapporte beaucoup d'argent à l'Etat et grâce aux alcoolos et aux sociétés de bière et de pinardiers, c'est un cercle vicieux que j’ai installé pour asseoir ma victoire : 1 litre de Ricard  il y a quand même 80% qui va à l'Etat.

 


En termes de diffusion de fausses croyances médicales

Instaurer de fausses croyances sur l’innocuité de l’alcool avec modération et même ses prétendues vertus pour la santé.

 

Déculpabiliser ceux qui boivent le vin en le considérant comme un aliment et non comme un alcool.

 

Convaincre les cibles stupides qu’il y a une grande différence entre le vin et la bière, inoffensifs sur la santé et les alcools forts.

Convaincre que quelques coups d’arrêt de l’alcool et des petits régimes « anti-ventre » sont suffisants pour se tenir éloigné de tout risque (cette gestion conduit in fine à la programmation pure et simple de l’excès).