Propagande / Désinformation / Manipulation (1/2)

Publié le par Satan

(Dispositif nommé P-D-M)

Dans ce chapitre, je vais vous expliquer brièvement ce merveilleux dispositif en vous donnant :

·         Un  rappel de mes objectifs

·         Ma définition du P-D-M

·         Les supports et outils que j’utilise

·         Exemples d’application des techniques du P-D-M

·         Les stratégies spécifiques pour contrôler l’opinion publique et la société

Rappel de mes objectifs

Je vous rappelle mon objectif principal (au cas où vous l’auriez déjà oublié) : vous entraîner tous avec moi en enfer.

Pour cela, il faut que je vous éloigne du chemin du Bien pour vous amener sur mon chemin du Mal.

La méthode qui m’a semblé la plus efficace est donc d’altérer voire d’inverser votre vision du bien et du mal tout simplement.

Pour polluer puis inverser la vision du bien et du mal, je fais appel entre autres à trois méthodes (Propagande, Désinformation, Manipulation) au sein d’un dispositif global et coordonné que j’ai nommé le P-D-M.

Ma définition du P-D-M

Avant des vous expliquer le dispositif global du P-D-M, je vais vous définir ses différentes composantes à ceux qui, décidément, sont longs à la détente.

1.      La propagande

La propagande est tout simplement une stratégie de communication que j’utilise pour :

·         convaincre d'idées et de valeurs utiles pour mon stratagème (idées et valeurs politiques, économiques –publicité-, sociales, humaines, etc..)

·         mobiliser votre énergie à mon service

·         convertir les plus crédules d’entre vous à l’une des religions (fausses ou altérées) de mon catalogue

D'une manière plus générale, la propagande est l'art de :

·         propager à grande échelle des informations

·         fausses ou non

·         mais toujours partiales.

J’exploite naturellement les connaissances accumulées par les hommes en psychologie et en communication (étant donné que je m’appuie sur un certain nombre d’entre vous pour la mise en œuvre).

Ma propagande se concentre sur la manipulation des émotions, au détriment des facultés de raisonnement et de jugement.

2.      Désinformation

La désinformation est une méthode de manipulation de l'opinion qui s'appuie sur tout type de moyen de communication, et qui consiste à présenter :

·         une information fausse comme vraie,

·         une partie d'information vraie comme une totalité indépendante et vraie pour elle-même,

·         une partie d'information fausse comme une totalité indépendante et vraie pour elle-même,

·         une information vraie comme fausse.

Si ca vous paraît un peu complexe, vous avez le droit de relire le passage 2-3 fois, et éventuellement de faire appel à un ami.

Une désinformation est un simple transfert d'information qui comporte en lui-même une transformation de l'information initiale. Une forme de transfert qui nie l'information initiale (en la dénaturant) ou les informations (en les regroupant de manière intempestive et non raisonnée).

La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses en les faisant apparaître comme venant de source neutre ou amie pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire. 

Ce type de désinformation « planifiée » est exercée principalement par l'influence des autorités étatiques (mes alliés), des groupes financiers ou industriels et des lobbys (encore mes alliés), avec ou sans la complicité des responsables médiatiques (encore et toujours mes alliés), en fonction du degré de démocratie (ou sous couvert de démocratie).

Internet et les nouvelles technologies de communication multiplient de manière exponentielle l'échange d'informations plus ou moins importantes : c’est le terrain le plus propice à la désinformation de masse.

 3.      Manipulation

On parle de manipulation mentale lorsqu'un individu ou qu'un groupe d'individus exerce une tentative de prise de contrôle de l'esprit et du comportement d'une personne ou d'un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d'autocritique de la personne, c'est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.

Certains psychologues estiment qu'on peut « influencer avec intégrité » dans les relations familiales ou commerciales, c'est à dire non aux dépens d'autrui, mais pour améliorer les relations sociales et interpersonnelles (l'éducation, la psychologie de la motivation relèveraient de cette catégorie de manipulation).

D'une certaine manière, la manipulation est très fréquente dans les sociétés, démocratiques ou non, dans le cadre professionnel, conjugal ou familial, car dès qu'il y a mensonge, omission ou déformation volontaire de la vérité, vous êtes en présence de tentatives de manipulation.

La manipulation mentale s'appuie principalement sur le registre émotionnel : la peur, l'angoisse, la honte, la pudeur, la timidité, l'espoir, le besoin de reconnaissance et de justice, la confiance, le lien familial, l’amitié, le besoin d’amour, le désir, l'envie, la conscience professionnelle... sont des sentiments qui peuvent tour à tour être exploités par le manipulateur.

Contrairement à une idée répandue, un bon niveau d'études et une bonne situation sociale ne protègent pas de certaines formes de manipulation. Face à des personnes ayant un bon niveau culturel, certains biais cognitifs semblent facilités par l'utilisation d'un vocabulaire pseudo-scientifique; c'est par exemple un moyen communément utilisé par les charlatans, certaines sectes et de nombreux manipulateurs.

La manipulation mentale étant par définition cachée, je l’ai implantée sous de nouvelles formes dans de nombreux contextes, des domaines religieux ou militaire au champ de l'information, du travail ou de la publicité et du marketing, voire en gestion des ressources humaines, avec l'utilisation de la programmation neurolinguistique qui sert à aider à recevoir un message, ou à influencer, avec intégrité pour le psychologue dans le cadre d'une thérapie, mais qui pourrait peut-être être cyniquement utilisée par un manipulateur.

 Supports et outils du P-D-M ?

Ma propagande est multiforme (utilisation des différents médias) et peut être insidieuse (sinon, à quoi ca sert que je m’appelle Satan !).

  • Utilisation de la presse, de la radio, de la télévision et du cinéma
  • Falsifications de faits dans les encyclopédies, les publications ou les manuels scolaires
  • L'histoire réécrite, les événements du passé modifiés
  • Endoctrinement de la jeunesse dans les écoles et les organisations
  • Les affiches et le photomontage
  • Publicités et affiche
  • Statistiques truquées
  • Manifestations « spontanées »
  • Les retouches des photographies
  • Etc.

Exemples d’application des techniques du P-D-M

Le P-D-M en temps de guerre

Le P-D-M est une arme puissante lors d'une guerre. Dans ce cas-ci, son but est habituellement de déshumaniser l'ennemi et de susciter la haine contre un certain groupe, en altérant la représentation que s'en fait l'opinion manipulée. Les procédés du P-D-M vont de l'omission à l'imputation mensongère.

Le P-D-M se réfère aussi à l'information fausse censée rassurer les personnes qui y croient déjà. En effet, si des individus croient à une information fausse, ils seront constamment envahis par des doutes. Puisque ces doutes sont désagréables, ils désirent les faire disparaître, et sont donc particulièrement réceptifs aux messages manipulateurs. Pour cette raison, la propagande s'adresse en priorité à ceux qui sont déjà bien disposés à l'assimiler.

Des techniques ont été codifiées et appliquées la première fois d'une façon scientifique par deux de mes brillants soldats : le journaliste Lippmann et le psychologue Bernays (neveu de Freud) au début du XXe siècle.

Pendant la Première Guerre mondiale, Lippman et Bernays furent engagés par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer une opinion américaine traditionnellement isolationniste vers l'interventionnisme. Pour cela, il fit aux appels aux Comités pour l'information du public (Comitee for Public Information) dirigés par le journaliste George Creel, "privatisant" ainsi la propagande de guerre.

La campagne de propagande de Creel, Lippman et Bernays effectuée pendant six mois fut si intense que l'hystérie anti-allemande générée a impressionné l'industrie américaine, qui découvrait tout à coup les immenses ressources que l'on pouvait déployer pour influencer l'opinion publique d'un pays entier. Bernays a inventé les termes d’esprit de groupe et d’ingénierie du consentement, des concepts importants en propagande appliquée.

Voici un résumé des méthodes utilisées pendant le conflit :

Il faut faire croire :

1)      que notre camp ne veut pas la guerre

2)      que l’adversaire en est responsable

3)      qu’il est moralement condamnable

4)      que la guerre a de nobles buts

5)      que l’ennemi commet des atrocités délibérées (pas nous)

6)      qu’il subit bien plus de pertes que nous

7)      que Dieu est avec nous

8)      que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat

9)      que l’ennemi utilise des armes illicites (pas nous)

10)  que ceux qui doutent des neuf premiers points sont soit des traîtres, soit des victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la propagande).

Cette grille s'applique encore aux conflits actuels (faites une pause dans votre lecture, et réfléchissez un peu, si ce n’est pas trop vous demander ! dans les grands conflits de votre époque, examiner pour rire la propagande utilisée par de la plus grande démocratie du monde à la lumière de ces 10 points !).

Utilisation de « Faux »

L'utilisation de faux documents, destinés à semer des doutes ou à accréditer une thèse, est l'une des méthodes de désinformation la plus répandue. Au Moyen Âge, la fausse donation de Constantin a permis au Pape de se prévaloir de territoires et de privilèges sur la base d'un document apocryphe. Pendant l'affaire Dreyfus, le colonel Henry n'hésite pas à falsifier des documents et à en créer de toute pièce, comme le fameux « faux Henry », pour accabler indûment Alfred Dreyfus. Après le 11 septembre, l’administration américaine a utilisé des faux pour convaincre le monde entier que l’Irak détenait des Armes de Destruction Massive.

Plus récemment, c'est un fichier bancaire falsifié qui est au centre de l'affaire Clearstream 2, destinée à mettre en cause des personnalités politiques.

Ces faux documents, présentés par leurs instigateurs comme authentiques, ont pour but de désinformer l'opinion en s'appuyant sur des éléments fictifs ou sur des contrevérités.

Les médias non indépendants

Heureusement pour moi que le fait qu'un média soit indépendant ou non d'un groupe (ou d'une mouvance) ne garantit pas pour autant la véracité de ses informations (puisque je compte les utiliser tous, qu’ils soient indépendants ou non).

On note toutefois que les médias traditionnels, généralement en perte d'audience depuis l'essor de l'Internet, appartiennent le plus souvent (et de plus en plus) à des groupes industriels, des holdings ou à l'État, ou sont proches d'un mouvement politique et sont donc soumis à des pressions de la part de leurs propriétaires ou à du lobbying (vous n’avez qu’a regarder dans votre pays : les grands champions en matière de médias fortement dépendants sont la France, les Etats-Unis, et l’Italie parmi les pays dits « démocratiques »).

Les intérêts financiers ou politiques de ces acteurs peuvent contraindre ces médias à biaiser, parfois déformer des informations. Dans les cas extrêmes, un média peut diffuser volontairement ou non de fausses informations, dont sont à l'origine la plupart du temps des services étatiques (par exemple, nuage de Tchernobyl ne passant pas les frontières françaises) ou la course au scoop (par exemple, les charniers de Timişoara). Ces pratiques sont en totale contradiction avec la prétendue déontologie journalistique.

Il a souvent été reproché à la chaîne de télévision TF1 d'être soumise aux pressions de son propriétaire, le groupe BTP Bouygues dont les intérêts passent par une bonne entente avec certains hommes politiques, notamment pour obtenir des contrats de travaux publics.

Je ne peux m’empêcher de citer l’excellent Patrick Le Lay qui a dit : « Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit ... Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ... Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. ». Edifiant, non ?

Dans un autre cas, la remarque de Serge Dassault, patron du Groupe Dassault et du Figaro, selon laquelle il voulait que son journal produise des informations « intelligentes » a provoqué un tollé en 2005.

Le plus grand magnat international des médias, l'Australien Rupert Murdoch, entretient d'excellentes relations avec Tony Blair et George W. Bush, ce qui se ressent dans le ton globalement favorable vis-à-vis de ces dirigeants dans les journaux et les chaînes de télévision qu'il possède (dont The Times, The Sun et Fox News), par rapport aux autres médias. Par ailleurs, l'armée américaine a reconnu en 2005 que ses services de communication écrivaient eux-mêmes des articles pour les journaux irakiens.